skip to Main Content

Chronique audio – cliquez sur “play” pour écouter l’article




Fraîchement ouvert (j’adore quand ça sent le neuf et que tout est immaculé), cet établissement a été créé dans un bâtiment ancien qui borde le fleuve Inn. A 20 minutes à pieds de la gare après un parcours splendide qui traverse la vieille ville, je trouve sa situation i-dé-ale.

Du neuf ultra design et épuré dans du vieux: selon mes critères, il n’existe rien de mieux.

C’est donc l’âme curieuse et joyeuse que je traverse la veille ville – splendide! – puis l’Inn avant d’ouvrir la porte du Faktorei. Celle-ci annonce la couleur: intégralement vitrée, encadrée d’une solide et lourde armature, je manie la poignée résolument moderne et m’étonne que cette porte paraisse si légère. Le ton est donné.

Coup de foudre immédiat. Me voilà dans un endroit que je trouve si parfaitement parfait que je n’en crois pas mes yeux: la sobriété de la déco, la qualité de chaque matériau, le soin mis dans tous les détails sans l’once d’une exception, l’atmosphère cosy et chaleureuse, la gentillesse et le naturel de l’accueil, le choix des meubles, des couleurs, des matières, des lumières, le style, le goût, les touches d’art et d’artisanat… et l’architecture! Une beauté, une qualité, une sobriété, une harmonie hallucinante se dégagent de ce lieu.

En allant découvrir le rez-de-chaussée, je suis d’abord saluée par un magnifique vieux piano droit coiffé d’un grand bougeoir et d’une petite mappemonde illuminée, puis par un extraordinaire long meuble aux multiples petits tiroirs. Ses rayons sont habités par des familles entières de jolis verres, tasses et théières. La lumière dont il est chaleureusement habillé lui donne l’allure d’un décor de théâtre.

Je repère au passage une étonnante enceinte murale: le son, ici, se révélera être ce qui rendra ce lieu définitivement exceptionnel.

Comme le fera plus tard cette jeune fille que j’ai vue arriver alors que j’y étais installée, je ne peux retenir un “wooooah” en arrivant dans ce passage fou qui relie le côté bistro à la salle à manger. En levant la tête, j’aperçois des passerelles en quinconce et de grandes fenêtres qui sortent du mur, à l’intérieur, façon alcôves vitrées. Exceptionnel. Le passage lie deux immeubles entre eux et offre grâce à sa véranda un puit de lumière d’une dizaine de mètres de haut.

Un banc recouvert d’une imitation de peau de mouton toute douce, une chaise et deux fauteuils aussi design que confortables entourent une table noire carrée sobre et contemporaine. A côté du coin plante grasse – lampe d’appoint de style – livre géant de Yann Arthus-Bertrand est suspendu un vieux cadre de fenêtre dans chaque carreau duquel est affiché une présentation, sur du papier artisanal, de la fabrique de papier artisanale qui se situe juste à côté. Au-dessus de ma tête volent 3 galettes de papier fibré toutes gondolées: ce module semble donner la réplique au cadre de manière vivante en dansant tranquillement dans les airs.

La salle à manger du fond capte elle aussi toute mon attention. Sous un plafond intégralement voûté, j’y retrouve cette alliance si réussie du bois massif, du métal noir, des touches de tissu brut anthracite et du sol en ardoise gris foncé, ainsi qu’une lumière douce et décorative. Deux de ces enceintes murales exceptionnelles amènent une touche de couleur vive au passage: rouge! Plafond voûté, fenêtre voutée: la pièce donne sur un minuscule jardin intérieur aux marches décorées par un charmant assortiment de plantes.

J’ai l’impression de circuler dans un bâtiment que mes rêves auraient matérialisé. La manière dont les trous sont faits, la peinture et les joints posés, les encadrures de portes isolées, les finitions réalisées: le gros œuvre comme les petits détails sont un enchantement.

Découverte de ma chambre. Pour y accéder, je parcours des couloirs blancs immaculés aux portes recouvertes de larges planches horizontales tachetées de nœuds. Absolument splendide. Le plafond en bois brut – apparemment d’origine – est couvert de grosses poutres apparentes. C’est pour moi comme une galerie d’art: murs blanc, sol gris identique dans tout le bâtiment, bois bruts et fonte anthracite des rambardes d’escaliers assortie aux encadrures des portes. Une chose est sûre, je n’emprunterai pas l’ascenseur afin de me délecter à chaque passage de la beauté de ces couloirs et de ces escaliers.

Certains vont voir des toiles de grands maîtres ou écouter des opéras dans le but d’exulter: donnez-moi un couloir tel que celui-ci et vous m’enverrez au paradis!

C’est une des chambres avec alcôve qui m’a été attribuée. Je m’inquiète d’abord de ne pas pouvoir ouvrir la fenêtre, mais oublie mon inquiétude au moment où je découvre ce nid royal qui permet de s’installer dans de gros coussins au-dessus du passage, sous les passerelles. Je m’y sens comme dans une cabane secrète, le confort en plus. Le pied.

Dans la parfaite continuité des pièces que j’ai déjà visitées, je retrouve avec bonheur la sobriété, les meubles en bois massif, le design moderne et épuré ainsi que le plafond boisé. Seule différence: un plancher lui aussi en bois massif de toute beauté. La salle de bain me fait glousser de joie: là aussi, le mariage du bois massif et du marbre anthracite est un succès. Chaque détail pratique – robinetterie, duo de douches, lunette des toilettes, chasse d’eau – force mon admiration. Le choix de matériel, là aussi, est au top du top.

Pour une cliente comme moi qui apprécie particulièrement ce qui ne se voit pas sur une photo, l’aspect kinesthésique de cet hôtel ne cesse de me ravir l’âme. Tout est d’une qualité redoutable, beau, solide et cocooning à la fois. Le couvercle des toilettes, tout comme celui de la poubelle, a un système “smart close”. En plus d’apprécier la délicatesse du mouvement et l’absence de bruit fort appréciable pour mes oreilles hypersensibles, je ris à chaque fois: on dirait que la réalité passe soudain au ralenti. Dans la douche à l’italienne, le jet d’eau se met en marche et s’arrête sur simple pression d’un gros bouton – à choix, douche pluie tropicale ou douche standard. Le luxe de l’eau: je me réjouis déjà d’y être.

Là encore, tout a été pensé dans les moindres détails: produits de douche éco-locaux et assortiments de petites boîtes pour tous types de besoins.

Il ne me reste qu’une seule chose à tester: le lit. Comme il donne envie! Grassouillet, cossu et visiblement douillet, le choix de ses draps boucle la boucle. Dans la continuité des matières brutes, c’est de housses en lin froissé couleur taupe et gris-brun que sont recouverts le duvet et les différents coussins. Quel choix parfait.

Magique. Tout simplement magique. Je n’ai quasiment jamais aussi bien dormi de ma vie. A se demander si les matelas ont été commandés dans un catalogue de fournitures de contes de fées.

Mais le clou du spectacle reste le système audio. L’ambiance sonore de manière générale. Tout le temps que je passe au bistro – qui sert par ailleurs une cuisine 100% bio à tomber par terre – je n’ai de cesse de “shazamer” les chansons qui passent. Parmi elles, un air de Billy Joël dont je connais finalement très peu la musique, à part ses grands classiques. La chanson en question étant issue d’un album live, je décide d’aller l’écouter dans ma chambre, confortablement installée sur mon matelas pour princesses aux petits pois.

J’en aurais pleuré. La qualité du son est telle que j’ai l’impression d’être physiquement dans la salle de concert. Écouter de toutes mes oreilles et de tous mes sens, pendant plus d’une heure, devient donc une merveilleuse activité à part entière.

Je suis accueillie pour le petit-déjeuner par une souriante et sympathique jeune fille aux cheveux violets. Après le style décontracté du jeune homme d’hier soir – qui m’a très aimablement offert de son tabac pour me rouler une cigarette –, voilà qui m’enchante littéralement. Je suis définitivement dans un lieu juste parfait pour moi. Tout, tout, tout me plaît.

Et voilà le pompon. Mon petit-déjeuner atterrit sur ma table sous forme… d’étagère. On se croirait dans une maison de poupées grandeur nature. Quelle jolie vaisselle en porcelaine peinte à la main – et quel festin!!! Au sommet de l’étagère trône un œuf à la coque juste parfaitement cuit sur lequel est dessiné un sourire. Je fonds. Il n’existe à ma connaissance qu’un seul autre hôtel où les œufs sont ainsi transformés en petits personnages trop mignons: mon refuge de prédilection à Champéry, l’Art Boutique Hôtel Beau-Séjour. Difficile de croire à un hasard.

Bircher maison avec des fruits frais, marmelade maison, jambon cuit, duo de fromages, mousse de poisson à l’aneth, crudités et pain frais: un festin, vous dis-je!

Un détail finit de me séduire (était-ce encore nécessaire?): en parallèle de l’assortiment de remarquables couverts en argent, la petite cuillère à œuf, elle, est en inox. L’argent étant une matière rédhibitoire pour manger des œufs à cause de la réaction que cela provoque, c’est la signature ultime du soin pensé jusqu’au bout. Je jubile.

Moi qui adore les escape rooms, je me sens un peu comme si j’étais en pleine partie, à fond concentrée sur la recherches d’indices pour les mettre en lien avec tout ce que j’ai découvert jusqu’alors. Si le but n’est pas de sortir en moins d’une heure, le plaisir est similaire et les trouvailles successives tout aussi jubilatoires.

Je ne connaissais pas Innsbruck que je trouve magnifique. Puis cet hôtel a un tel goût de reviens-y que… je décide d’y revenir 4 mois plus tard. Ayant un rendez-vous professionnel à Zürich, je saute sur l’occasion pour m’inviter moi-même à faire un court break d’automne sur ma lancée. Trois à quatre heures de train depuis Zürich et le tour est joué.

C’est donc en dépensant la fortune de 64 francs aller-retour (la magie abonnement général + billets dégriffés) que je m’offre un séjour n2 au Faktorei.

Cette fois, j’ai réservé la chambre nommée maisonnette. Un duplex génialissime avec salle de bain, garde-robe, fauteuils (mega confortables) et table au 1er étage + lit au 2ème. Ainsi que LA fameuse enceinte murale Bluetooth. Comme je suis venue pour écrire et que la météo promet un week-end entier de pluie (à la bonne heure), me voilà à nouveau… au paradis.

La propriétaire m’accueille chaleureusement. J’en profite pour prendre des nouvelles, ayant repéré qu’il n’était pas possible de réserver des chambres directement sur le site de toute évidence encore en construction. Au risque de me répéter, tant que faire se peut, je réserve mes chambres en direct, surtout dans les petits établissements. Booking prend 14% de taxes et fonctionne d’une manière “industrialisante” qui ne me plaît pas.”

Je trouve mon deuxième séjour aussi incroyablement fabuleux que le premier. Tout y est. En bonus, avant que la pluie n’arrive, je pars faire une expédition avec le funiculaire Hungerburgbahn: aussi futuriste que spectaculaire. L’œuvre d’une femme architecte sans conteste de génie. Ma balade dans la montagne au milieu des feuilles multicolores me rappelle évidemment celles que j’affectionne, que ce soit dans le jura ou dans les alpes suisses.

Je me sens infiniment privilégiée de me retrouver ici, ailleurs, après quelques heures de voyage seulement, et de pouvoir découvrir une belle nouvelle parcelle de cette étonnante planète Terre.

Comme de trouver un refuge où boire un thé et manger un succulent gâteau fait maison choisi par pure intuition (n’ayant rien compris aux noms en allemand) tout en lisant un minuscule Rapunzel illustré: parfait pour mon niveau d’allemand.


RÉFÉRENCES

Back To Top