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Interview Par Coworkees

Interview par Coworkees

CAFÉ FREELANCE BY COWORKEES 100% DIGITAL #1

Toujours partante pour retrouver la fabuleuse équipe Coworkees, me voilà embarquée pour inaugurer la 1ère édition des Cafés Freelance “live” sur Instagram. Que du bonheur! Après avoir inauguré l’édition de Genève en présentiel en mai dernier (voir vidéo Coach toi-même!), j’ai été aussi morte de trac qu’honorée de me jeter à l’eau aux côtés de la talentueuse Stéphanie mardi matin pour cette première interview. Compte-rendu.

Stéphanie @Coworkees: Qui es-tu? Peux-tu te présenter, nous parler de ton métier, nous dire pour quel type de client tu travailles et en quoi ça consiste?

Martine: Martine Corthésy, 42 ans, 100% suissesse habitant et travaillant en Suisse près de Genève et à distance, célibataire, confinée sans enfant, officiellement freelance depuis le 1er mai 2015.

Coach Professionnelle Certifiée (PCC) par la Fédération Internationale de Coaching (ICF) & Coach Self-Leadership certifiée par l’Université de Genève et Self-Leadership Lab, je suis formée professionnellement au métier de coach depuis 16 ans.

Tu me demandais si je suis “coach personnelle et professionnelle”: oui, car dans ce cas nous parlons des deux grands domaines que le coaching peut concerner: la vie professionnelle et la vie personnelle des clients.

Le “vrai” coaching repose sur la maïeutique socratique. Or Socrate, philosophe grec, a vécu au Ve siècle av. J.-C. On peut donc dire que le coaching n’est pas exactement nouveau: il a aujourd’hui quelques 2’400 ans. La maïeutique consiste à “bien interroger les esprits pour les faire accoucher de leurs connaissances”. Elle a pour objectif, à contrario de bon nombre de types d’accompagnements eux aussi appelés ‘coaching’, de montrer à celui qui se croit ignorant qu’il est en réalité savant.

Cela fait donc 16 ans que je ne sais pas quoi répondre à la question “coach de quoi ?” qu’on me pose systématiquement lorsque je dis que je suis coach. Je suis coach tout court, mon domaine d’expertise est le coaching. Pour accompagner mes clients, je n’ai aucun besoin de connaître leur domaine d’expertise à eux.

Oui je sais, à moi aussi ça a fait des nœuds au cerveau la première fois. Comment, à 25 ans, je pouvais accompagner des gens qui avaient le double de mon âge et tellement plus d’expérience que moi? Et bien tout simplement parce que mon rôle en tant que coach n’est pas de savoir ce qu’il faut à mes clients mieux qu’eux, ni non plus de leur donner mon avis, mais de leur poser des colles à partir de ce qu’eux-mêmes me racontent.

J’écoute ce que disent mes clients de plein de manières différentes puis les invite à creuser, clarifier, préciser, démêler, désencombrer ce qui les amène, jusqu’à ce que ce soit tout rangé. Et que ça prenne – ou retrouve – un sens.

Cette définition qui vient de “Coacher avec l’analyse transactionnelle”, un livre de Daniel Chernet, me plaît particulièrement:

“Être coach professionnel, c’est accompagner une personne, dans un cadre contractuel, pour lui permettre de mettre en œuvre ses capacités, d’atteindre ses objectifs, de donner forme et corps à ses envies. C’est lui permettre d’identifier ses désirs et ses visions, ses compétences et ses valeurs pour fonder ses propres décisions. C’est accompagner une personne vers son autonomie. C’est aussi accompagner cette personne de là où elle croit être à là où elle veut être.”

Je travaille souvent avec des zèbres et autres espèces non-ordinaires, ce qui est une manière métaphorique de parler des hauts potentiels, des hypersensibles, de la neurodiversité ou de la multipotentialité en général.

Par ailleurs, dans mon rôle de Coach Self-Leadership, j’accompagne des équipes de cadres et de dirigeants, majoritairement en ligne, afin de faciliter l’intelligence collective tout au long de leur parcours. Le but de ce cursus est de permettre à chacun de prendre sa place, toute sa place.

Sachant que je travaille également les aspects de communication intra / interpersonnelle & institutionnelle, voilà pourquoi je préfère nommer mes services “Coaching & Communication”.

S: C’est quoi ton parcours de freelance? Quel a été le déclic? Qu’est-ce que tu aimes? Qu’est-ce qui est difficile?

M: J’ai toujours su qu’un jour j’inventerais un métier. Le fait d’être taillée ni pour l’école, ni pour être employée y a certainement fortement contribué. Mon parcours de vie ayant été particulièrement mouvementé et éprouvant, j’ai d’abord pris le temps d’acquérir juste ce qu’il faut de compétences avant de prendre mon envol. En particulier celles liées à la gestion du temps et des tâches qui ont longtemps brillé par leur absence.

Lorsque je me suis sentie enfin prête à minima, j’ai profité d’avoir démissionné, à l’origine pour déménager dans un autre pays, pour me lancer dans l’entrepreneuriat, le projet de déménagement ayant avorté en cours de route.

  • Accouchement fulgurant de mon ‘business model’ le 15 juillet 2013 à Londres, devant un (fabuleux) petit-déjeuner anglais.
  • Début du travail acharné pour monter mon affaire avec zéro franc (juillet 2013).
  • Démarrage officiel d’activité indépendante 1er mai 2015.

Je vais donc fêter mes 5 ans de statut d’indépendante dans à peine un mois.

Il n’y a rien que je n’aime pas dans ma vie d’indépendante, à part la compta (rires). Et le fait qu’il n’y ait que 8h dans une journée pour faire un tel nombre de métiers en plus du mien. Et que beaucoup de gens portent si facilement des jugements sur la vie d’entrepreneurs sans rien y connaître.

S: Des conseils à donner à des gens qui veulent se lancer maintenant? Tu leurs conseillerais plutôt d’attendre ou de foncer?

En tant que coach, je ne donne pas de conseils. En plus, ils ne feraient que parler de moi. Or, je ne suis pas vous et vous n’êtes pas moi. Donc je demanderais aux gens qui pensent se lancer maintenant (quand que soit ce ‘maintenant’, d’ailleurs) ce qui les pousse, ce qui les motive à se lancer + je les inviterais à faire une sorte d’inventaire de leur idée de projet et de tous les moyens qu’ils ont à disposition. Pour qu’ils puissent eux-mêmes clarifier les choses. La période actuelle peut être comme elle peut ne pas être propice: ce qui compte avant tout d’après moi, c’est de réfléchir en prenant un maximum de paramètres en question, au cas par cas. Les paramètres internes ET les paramètres externes. Il devient possible de commencer à répondre à cette question seulement à partir de là.

S: Qu’est-ce que cette crise a changé dans ton quotidien de freelance?

M: Techniquement, pas grand-chose. J’avais déjà adopté un mode de vie parfaitement similaire à celui que nous vivons actuellement depuis plusieurs mois pour travailler à fond sur la restructuration de mon business. Puis cela fait des années que je travaille à distance, avec mes clients individuels comme avec des équipes. Donc j’ai “juste” eu encore plus de boulot à gérer dans tous les sens parce que le monde autour de moi s’est mis à l’envers. Ou à l’endroit. Mais ça, c’est une autre question.

Aussi, j’ai choisi de mettre en action des choses que j’avais à l’origine prévues de faire bien plus tard. Ce qui m’a demandé d’être encore plus disciplinée, de ramer bien comme il faut, de prendre des décisions encore plus difficiles et courageuses. Et d’apprendre à dire encore plus non.

S: As-tu des tips à partager pour garder le smile pendant cette crise?

M: De ne pas se sentir obligé de garder le smile peut-être… Que nous le voulions ou non, je crois que ce qui se passe nous impacte tous, sans exception. Le truc, c’est que ça ne nous impacte ni de la même manière, ni au même moment. J’ai pu repérer qu’à peu près chez tout le monde, les “gros dossiers” remontent à la surface parce qu’il n’y a plus ce qu’il y a d’habitude pour se cacher derrière. Nos paradoxes sont également à la fête. Donc il y a de facto des sales choses à affronter, en soi et/ou autour de soi. Quand ça m’arrive, je m’en occupe, j’en prends soin (et donc, je m’en prends plein la gueule) et je me fais aider aussi. Depuis mon presque burnout en septembre passé, sachant que j’avais déjà fait plusieurs burnouts dans ma vie et qu’il n’était pas question d’en vivre un à nouveau, j’ai mis en place une collection de soutiens. Que des pros fabuleux dont je vous donnerai volontiers les coordonnées si vous le souhaitez.

Et le reste du temps, je fais ce qui a du sens pour moi et qui m’amène de la joie. La contribution étant ma valeur N°1, j’ai mis plusieurs choses en place, privées comme professionnelles, en réponse à ce qui se passe. A ma manière et à ma mesure.

S: Comment tu communiques en temps de crise: même manière qu’avant ou pas?

M: J’ai eu la bonne idée de rejoindre le “Club Croissance” de l’extraordinaire plateforme de marketing Rapide.ly début février. Donc là aussi, j’étais déjà en mode 100% en ligne au moment où la crise a commencé. Ce qui a été infiniment aidant. Dee & Laurence, les deux co-créatrices, ont pris les rênes pour nous guider de manière édifiante. Je pèse mes mots. Donc non, je n’ai pas communiqué de la même manière et cela m’a valu des tortures-méninges particulièrement difficiles. Cependant, le fait de ne pas être complètement seule face aux importantes questions et décisions à prendre a tout changé pour moi. A noter que les sessions “Get Shit Done” quotidiennes (10h-11h) sont ouvertes à tout le monde pendant la durée du confinement: vous êtes les bienvenu-e-s!

S: Comment tu vois ton métier de free après la crise? Confiance, peur?

M: Je n’ai aucun tabou sur la question de crise ni sur celle de l’argent. En espérant ne pas vous choquer, voici pourquoi: après 4 ans et demi d’indépendance, j’ai donc frôlé un burnout de très près l’automne passé tandis qu’en parallèle, j’ai failli devoir mettre la clé sous la porte. “Frôlé” et “failli” m’ont donné des ailes pour revoir tout mon business et rebondir à fond.

Concrètement, cela signifie plus aucunes économies ni épargne ni plan retraite, des impôts suspendus et un subside pour l’assurance-maladie.

La “période de crise” je connais donc bien car pour moi, elle ne date pas d’hier. Ceci dit, elle est liée à mon choix de vie professionnelle alors je la vis comme un luxe. Je fais aussi chaque jour du mieux que je peux et sais que construire la pérennité d’un business prend du temps. Ce sont les règles du jeu.

La crise actuelle ne change dès lors pas grand-chose pour moi: j’ai la foi comme on dit depuis le début et je ne compte pas la perdre de si tôt. L’incertitude est là tous les jours, la seule différence c’est qu’en temps “normal”, on ne la voit pas.

S: Comment tu prépares l’après-crise?

M: En prenant hyper soin de moi pendant cette période. En continuant à mettre en place plein de petites choses pour soutenir qui je peux comme je peux, car c’est ça qui me donne envie de me lever chaque matin. En continuant mon travail de fond qui n’est pas encore terminé pour être prête lorsqu’il s’agira de l’être. En collaborant, entre autres, au beau programme “Résilience et Coronavirus” mis sur pieds en un temps record par Jean-Yves Mercier (responsable des programmes de développement personnel du MBA de l’Université de Genève & créateur du parcours Self-Leadership). Je vous invite d’ailleurs à y jeter un œil, voire à vous laisser surprendre par ce que cet exercice peut vous apporter: le premier module sur les émotions auquel j’ai collaboré est libre d’accès.

S: Quels conseils peux-tu donner aux autres freelances pour la reprise?

M: Je n’aime pas trop qu’on me donne des conseils, donc je vais éviter d’en donner. Surtout que je ne vois pas bien comment quelques conseils pourraient être utiles à tellement de gens différents. Alors je vais vous poser la question dans l’autre sens: quel conseil donneriez-vous spontanément, vous? Il y a fort à parier que ça va exactement vous dire ce dont vous avez besoin!

Je profite par contre pour lancer une invitation tout à fait personnelle: moi, ce qui m’arrangerait parce que j’aimerais vivre dans un monde qui marche sur une base de développement durable et aussi de développement personnel durable, c’est que chacune et chacun, à son rythme, à sa manière et avec les moyens qui lui conviennent, utilise la tuile qui nous est tombée sur le coin de la figure pour prendre un instant de recul et se poser quelques grandes questions existentielles. Qui suis-je? Quel sens ai-je envie de donner à ma vie? Qu’est-ce qui est important pour moi? Et surtout, LA question qui m’a sortie de l’un de mes pires burnouts: est-ce que je suis en train de vivre ce que j’ai envie de vivre? Et si la réponse est non, de mettre en place ce qui est nécessaire pour que ce soit le cas. Quitte à aller chercher du renfort pour cela.

Pour moi, l’Invitation avec un “i” majuscule de tout ça est celle de l’apprentissage de la vraie écoute, soit de ne pas écouter en cherchant ce qu’on va répondre ni comment parler de soi à tout prix, mais d’écouter l’autre pour tâcher de le comprendre là où il est. Et aussi d’apprendre non pas seulement à s’écouter, mais à s’entendre soi-même.

L’Invitation est également de passer enfin du “ou” au “et”. Ce qui est un autre grand chapitre.

S: Quel est ton lien avec Coworkees?

M: Je suis une fan officielle de Coworkees quasiment depuis ses débuts. J’ai eu tellement de plaisir à rencontrer Julie, fondatrice et véritable modèle d’inspiration puis Melissa, sa merveilleuse associée & directrice déléguée. Aussi, j’ai trouvé le concept hyper pertinent et mis en place juste au bon moment afin de devenir un important précurseur dans ce domaine. Concept que je ne peux que saluer en tant que freelance convaincue qu’il va effectivement y avoir de plus en plus de freelances (j’en accompagne moi-même régulièrement) et de besoins de collaboration entre freelances et entreprises.

Puis je suis fan de l’équipe Coworkees que j’ai vue grandir dans le temps avec les mêmes précieuses racines faites de valeurs humaines et d’une profonde passion pour ce projet. Vous êtes une équipe fabuleuse qui œuvre avec son cœur et de manière hyper pro, ce qui n’est pas si courant. N’est-ce pas le beurre et l’argent du beurre?

S: A quel Café Freelance vas-tu?

M: Je vais à Genève, si possible à chaque édition. Même s’il faut se lever beaucoup trop tôt pour moi 🙄

Les Cafés Freelance ont été une véritable révélation: je n’avais jamais entendu parler du format génial Pecha Kucha (20 slides / 20 secondes) au moment d’inaugurer la 1ère édition genevoise avec mon “pitchworkees” (voir vidéo Coach toi-même!). Donc je suis allée glaner de l’info sur la toile. Ce qui m’a permis de comprendre que le plus important au-delà du flow était de personnaliser sa présentation au max.

Mais… Quoi raconter? Je me suis creusé la tête pour finir par décider de “juste” parler de mon métier le plus simplement et sincèrement possible. Exercer mon métier basé sur l’écoute active et parler de mon métier sont deux choses très différentes. Je n’avais jamais réussi à réaliser cet exercice jusqu’alors.

Quant à l’aspect personnalisation maximale de la présentation, il m’a donné l’envie de ressortir mes stylos pour illustrer chaque slide. Quel bonheur de dessiner ces petits bonshommes, même aussi maladroitement!

Le fait de préparer puis donner cette présentation a été édifiant. J’adore ce format. Il est dynamique, force à être positivement synthétique et je le trouve très joyeux. Je l’utilise maintenant avec bonheur dans les formations de prise de parole en public que je donne.

Cette étonnante expérience m’a ensuite donné l’idée de me servir de mes bonshommes pour illustrer mon nouveau site, ce qui le rend tout à fait original. Inestimable sérendipité.

Pour conclure, la fine équipe d’organisation locale (LucasVirginieJulieCharlotte & Caroline → n’hésitez pas à les contacter pour présenter vous-même un futur “pitchworkees”), les speakers et les invités forment une communauté elle aussi en or massif. J’essaie d’aller à chaque édition pour faire le plein de belles rencontres et de riches échanges. Ces rencontres ont parfois mené à de précieuses collaborations comme avec Gabrielle pour enfin apprendre à piger quelque chose à LinkedIn ou encore avec Giuseppe pour résoudre quelques casse-têtes chinois en matière de site Internet et de SEO.

PROCHAINS CAFÉS FREELANCES LIVE SUR INSTAGRAM

▶️ Tous les mardis à 9h sur le compte Instagram @coworkees

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▶️ Sites: Coworkees Suisse // Coworkees France

Martine Corthésy, PCC

Coach personnelle et professionnelle depuis 2005, certifiée PCC par ICF, j’ai marché plus de 1’000 heures aux côtés de mes clients sur leur chemin de coaching. Passionnée par l’intelligence collective, je suis également Coach Self-Leadership, un programme qui s’adresse aux cadres et dirigeants souhaitant s’y mettre et prendre leur place, toute leur place.

Vous voulez en savoir plus ou discuter de l’une ou l’autre des thématiques évoquées dans cet article? Réservez quand vous voulez une séance exploratoire (30-45 min, offertes) sur MartineCorthesy.com, au plaisir de vous rencontrer très bientôt!

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